Afghanistan: les pays européens de l'Otan appelés à faire un effort
Les pays européens de l'Otan ont été conviés vendredi à consentir un effort, ultime mais jugé décisif, pour contrer les talibans et stabiliser l'Afghanistan en y envoyant des milliers d'instructeurs former la police et l'armée afghanes
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| Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, le 5 février 2010 à Istanbul ISTANBUL (Turquie) (AFP) |
Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a invité ses collègues réunis à Istanbul à faire en sorte que les forces de sécurité afghanes soient aptes à prendre le relais des soldats de la force internationale (Isaf) dès que possible.
"Il faut plus d'instructeurs, et immédiatement. J'ai poussé l'alliance à satisfaire le besoin déjà bien connu d'envoyer des milliers d'instructeurs et de +mentors+ pour former l'armée et la police afghanes", a-t-il déclaré à l'issue de la réunion.
"Au fur et à mesure que le nombre d'Afghans dans les forces de sécurité de leur pays va croissant, nous devons être en mesure de les former pour les envoyer au combat aussi vite que possible", a-t-il ajouté.
A l'horizon 2011, la police et l'armée afghane doivent être portées à 300.000 hommes au total.
Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen s'est joint à M. Gates pour appeler les 28 pays alliés "à gratter les fonds de tiroir et voir ce qu'ils peuvent faire pour constituer des équipes de formateurs, soit en puisant dans leurs contingent actuels, soit en en envoyant d'autres".
"Nous avons besoin de 1.300 instructeurs pour les écoles de formation", à Kaboul, a-t-il ajouté.
Selon un responsable de l'Otan, plusieurs pays, dont peut-être les Etats-Unis eux-mêmes, vont affecter certaines de leurs troupes combattantes à des missions d'entraînement.
Le but est de parachever les progrès déjà enregistrés face aux talibans, selon le général Stanley McChrystal, le commandant en chef de l'Isaf, afin de permettre dès 2011 un début de désengagement militaire pour les 44 pays contribuant aux forces internationales.
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| Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen, le 5 février 2010 à Istanbul ISTANBUL (Turquie) (AFP) |
Avec les renforts de 30.000 militaires américains et de 10.000 autres envoyés par les autres pays, les forces étrangères doivent culminer bientôt à 150.000 soldats, dont les deux tiers américains.
Les Etats-Unis ont l'intention de faire un geste à l'égard de leurs alliés, trop souvent exposés aux attentats à la bombe artisanale des talibans, en leur livrant des véhicules spéciaux destinés à protéger les soldats de ces engins dits "improvisés", mais très meurtriers.
Seul pays à avoir annoncé à Istanbul une contribution, la France va envoyer environ 80 instructeurs, destinés les uns à former les élèves d'une école de blindés et les autres à former une équipe de "mentors" -une OMLT dans le jargon de l'Otan- pour encadrer un bataillon afghan.
Cela portera les effectifs déployés par la France sur le théâtre afghan à "3.800 ou 3.850", a déclaré le ministre français de la Défense Hervé Morin.
Les renforts annoncés par des pays de l'Otan comparables comme l'Italie (1.000), le Royaume-Uni (500) et l'Allemagne (500 plus 350 en réserve) sont sans commune mesure.
Le président Nicolas Sarkozy avait cependant averti que la France n'enverrait pas de troupes combattantes, jugeant son contingent suffisant pour remplir sa mission dans l'Est de l'Afghanistan.
Les sept OMLT constituées de militaires français viennent néanmoins souvent au contact des rebelles lorsqu'elles accompagnent leurs protégés afghans sur le terrain.
Quant aux milliers d'instructeurs qu'il reste à trouver, le point sera fait le 23 février au quartier général de l'Otan à Mons (sud de la Belgique) sur les contributions nationales que les capitales auront décidées dans la foulée de la réunion d'Istanbul.


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